Oury, Fernand
Description
| Identification | ||
| Type d’entité | : | Personne |
| Forme(s) autorisée(s) du nom | : | Oury, Fernand |
| Formes parallèles du nom | : | Fernand Oury |
| Description | ||
| Dates d’existence | : | 1920-1998 |
| Histoire | : | Fernand Oury naît en 1920, dans une France marquée par les séquelles de la Première Guerre mondiale et par les mouvements sociaux qui prennent de l'ampleur, notamment avec le Front populaire en 1936. Dans ce contexte, Oury est confronté dès son plus jeune âge aux inégalités sociales et à la lutte des classes, ce qui influencera sa vision éducative et ses engagements futurs. En 1939, à seulement 19 ans, Fernand Oury commence à travailler comme instituteur suppléant dans une classe surchargée de 45 élèves. Il découvre rapidement les limites de l'enseignement traditionnel qui lui est imposé. Il exprime un sentiment de désillusion face à une pédagogie autoritaire et figée : "30 heures par semaine, je fais taire et obéir les élèves, je leur vole leur vie et leur santé." Parallèlement à son activité d'enseignant, il s'engage comme éducateur dans des colonies de vacances. Il y découvre un plaisir et une utilité qu'il ne ressent pas en tant qu'instituteur, préférant une approche éducative plus ouverte et proche des enfants. Pendant la Seconde Guerre mondiale, Oury devient un militant politique actif. En 1943, il est interné pour ses actions de résistance contre l'occupation nazie. Bien qu'il ne soit pas membre du Parti communiste, il reste proche des mouvements révolutionnaires, refusant de se conformer à des dogmes politiques stricts. Cette période de résistance renforce son désir de transformation sociale, qu'il appliquera plus tard dans le domaine de l'éducation. En 1949, il participe à une formation à Cannes organisée par Célestin Freinet, un pionnier de la pédagogie active. Ce stage est une révélation pour Oury, qui décide de rejoindre le mouvement Freinet. Il y découvre une pédagogie basée sur la coopération, l'expression libre des élèves, et une approche concrète de l'enseignement. Cependant, il constate que les méthodes de Freinet, bien adaptées aux écoles rurales, ne conviennent pas nécessairement aux contextes urbains. De retour en région parisienne, Oury expérimente les techniques Freinet avec ses élèves en milieu urbain. Il met en place des plans de travail et cherche du matériel adapté pour sa classe. Dans les années 1950, il continue à se former en travaillant dans des colonies de vacances et des établissements spécialisés, y compris avec des enfants en situation de handicap, ce qui enrichit sa réflexion sur la diversité des élèves. Sous l'influence de son frère Jean Oury, psychiatre et pionnier de la psychothérapie institutionnelle, et de François Tosquelles, Fernand Oury intègre des concepts de psychiatrie et de psychanalyse dans sa pédagogie. Il définit la Pédagogie Institutionnelle comme «un ensemble de techniques qui place enfants et adultes dans des situations nouvelles » et structure sa méthode autour de trois piliers indissociables : les activités coopératives ; les institutions de la classe (ceintures de comportement, conseil de classe) ; l'écoute de l'inconscient. En 1961, suite à des désaccords, notamment sur l'intégration de concepts psychanalytiques et sur l'adaptation des méthodes à un contexte urbain, Fernand Oury quitte le mouvement Freinet. Avec Raymond Fonvieille, il fonde le "Groupe Technique et Éducatif" (GTE), qui devient un lieu de réflexion et d'expérimentation pédagogique en lien avec les sciences humaines. Dans les années 1960, Oury développe la Pédagogie Institutionnelle en milieu urbain, avec des techniques adaptées à des contextes variés, comprenant des classes hétérogènes et des élèves en difficulté. Sa pédagogie prend en compte non seulement les apprentissages scolaires, mais aussi le développement personnel et social des enfants. En 1964, la Pédagogie Institutionnelle se divise en deux courants : - le courant d'inspiration psychanalytique , dirigé par Fernand Oury, met l'accent sur la place du désir et de la loi, en s'appuyant sur les concepts de la psychanalyse pour comprendre les dynamiques de groupe. - le courant d'inspiration psychosociologique et autogestionnaire, mené par Raymond Fonvieille, privilégie une approche plus centrale sur la dynamique des groupes et la gestion collective. En 1979, Oury réintègre le mouvement Freinet, se réconciliant avec certains de ses anciens collègues. Jusqu'à sa mort en 1998, Fernand Oury continue à écrire, expérimenter et diffuser ses idées à travers des publications, des conférences et des formations d'enseignants. Il contribue à des associations nationales et régionales dédiées à la Pédagogie Institutionnelle, comme le TFPI (Techniques Freinet et Pédagogie Institutionnelle) et l'AVPI (Association Vers une Pédagogie Institutionnelle). Son héritage se poursuit également à travers des écoles alternatives, comme l'école de la Neuville, qui appliquent encore ses principes. Fernand Oury a marqué l'histoire de l'éducation en France en proposant une alternative à l'école traditionnelle. Son parcours, mêlé de résistances et de ruptures, témoigne de son engagement pour une pédagogie centrale sur le respect de l'individu et la dynamique collective, inspirée à la fois par Freinet, la psychiatrie institutionnelle, et la psychanalyse. |
| Lieux | : | France |
| Fonctions et activités | : | Avant 1939 : garçon boucher ; ouvrier spécialisé A partir de 1939 : instituteur ; éducateur ; militant politique 1949-1961 puis à partir de 1979 : membre du mouvement Freinet 1961 : cofondateur du Groupe Technique et Éducatif (GTE) |
| Contexte général | : | La pédagogie institutionnelle est un courant pédagogique né en France dans les années 1950-1960, issu de la pédagogie Freinet (1896-1966) et se revendiquant de ses techniques de production coopérative. L’expression « pédagogie institutionnelle » aurait été prononcée pour la première fois par Jean Oury, lors du congrès Freinet de Paris en 1958. L’adjectif « institutionnel » fait ainsi entendre le lien entre la pédagogie et la psychothérapie institutionnelle, un lien qui s’incarne dans la relation fraternelle entre Fernand Oury (1920-1998), instituteur, et Jean Oury (1924-2014), psychiatre et psychanalyste, fondateur de la clinique de La Borde. La fondation de la pédagogie institutionnelle doit beaucoup à l’apport d’Aïda Vasquez (1937-2015), psychologue vénézuelienne ayant consacré sa thèse à l’étude des relations humaines dans ces classes, en 1966. Ce courant s’est développé, en France et ailleurs, dans les différents niveaux d’enseignement et un certain nombre de pratiques éducatives. |
| Contrôle | ||
| Code d’identification de la notice d’autorité | : | CH UNIGE/ISAAR/484 |
| Code(s) d’identification du ou des services | : | CH-000175-4 |
| Règles ou conventions | : | ISAAR (CPF) - Norme internationale sur les notices d'autorité utilisées pour les archives relatives aux collectivités, aux personnes ou aux familles, deuxième édition, 2004 |
| Niveau d’élaboration | : | Notice publiée |
| Niveau de détail | : | Notice incomplète |
| Dates de création, de révision ou de destruction | : | 07.04.2026 |
| Langue(s) et écriture(s) | : | Français |
| Sources | : | https://www.partielo.com/revision/note/Biographie%20de%20Fernand%20Oury./55953 https://reseau-pi-international.org/le-reseau/ https://www.bienenseigner.com/pedagogie-institutionnelle/ |
Ressources
| Fernand Oury | (producteur) |
